Des sondages menés en 2004-2005 par Étienne Mantel (DRAC de Normandie, Service Régional de l’Archéologie) en avant du "Grand Temple" ont montré l’existence de constructions monumentales qui prolongent le sanctuaire dans ce secteur. Il semblait alors évident que les fouilles de Michel Mangard n’avaient mis au jour qu’une partie d’un ensemble plus vaste.

Comprendre l’organisation et l’évolution du lieu de culte nécessitait d’entreprendre la fouille extensive de ces nouveaux monuments. Ce travail a été mené essentiellement de 2006 à 2010, dans le cadre de fouilles programmées conduites par Étienne Mantel. Un complexe monumental très étendu a alors été dégagé, qui dépasse le cadre d’un simple sanctuaire. Son organisation ne rencontre pas d’équivalent direct dans l’ensemble du monde romain, et son interprétation fait débat, entre un ensemble strictement cultuel et un centre public mêlant des fonctions religieuses, politiques et économiques.

Parallèlement, la question du contexte dans lequel s’insère cet ensemble de monuments, ainsi que le théâtre et les thermes, s’est rapidement imposée comme un axe de recherches complémentaire.

 

Parallèlement aux fouilles estivales, dès l’hiver 2006-2007, des campagnes de prospections pédestres ont été mises en œuvre sous le couvert forestier, avec un report cartographique de la zone d’extension des vestiges archéologiques en surface, et le pointage des principales concentrations. Ce travail se poursuit année après année, et permet aujourd’hui d’estimer l’assiette du site antique à au moins 65 ha, une superficie importante qui classe Briga au rang des villes de taille moyenne de la Gaule romaine.

Montrer l’existence d’une agglomération nécessitait une autre approche, celle de la fouille en aire ouverte, sur de larges superficies. C'est ainsi qu'entre 2010 et 2015, une surface de plus d'un hectare a été explorée, livrant les traces d'un quartier et confirmant une organisation de type urbain (rues délimitant des ilots), du moins à partir du 3e quart du 1er siècle. Ces premiers éléments assoient l'existence d'une ville au "Bois l'Abbé", en relation avec un centre monumental. Ils viennent clore définitivement le débat ouvert et nourri depuis le 19e siècle.