Les fouilles de Michel Mangard ont largement contribué à la reconnaissance de la richesse du "Bois l'Abbé". Toutefois, le site tombe en déshérence au tout début des années 1980. Malgré le classement de 23 ha au titre des Monuments Historiques en 1987, l'interruption de l'activité archéologique se traduit rapidement par la nette dégradation des vestiges exhumés qui n'avaient pas fait l'objet de restaurations ou bénéficié de structures de protection. Face à un tel constat, les recherches reprennent en 1994, à l’instigation de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, de la Ville d’Eu et de l’Office National des Forêts. La détermination de mesures de protection en vue d’une présentation au public figure désormais parmi les objectifs prioritaires. Ces travaux sont confiés au Service Municipal d’Archéologie de la Ville d’Eu.

De 1994 à 2000, des sondages limités sont menés par le service municipal d'archéologie, avec le concours de nombreux bénévoles, en divers points du périmètre classé, afin notamment d’apprécier le potentiel du site. Ces travaux confirment la présence de vestiges enfouis sur une bonne partie de l’emprise classée (habitats, indices d’activité artisanale, portions de voiries, etc.). Deux édifices thermaux sont découverts, dont le plus petit a fait l’objet d’une fouille quasi-complète entre 1998 et 2000. Enfin, une brève exploration du théâtre antique permet d'en préciser  quelques caractéristiques.

Au terme de ces recherches, le "Bois l’Abbé" est envisagé comme un sanctuaire autour duquel a pu se développer une petite agglomération des 1er au 3e s. de notre ère.