Diagnostics archéologiques sur

le territoire de la commune d'Eu :

Chemin du Halage, Quartier Morris et rue Foch

Chemin du Halage

 

Diagnostic archéologique motivé par un projet de construction de salle de sports déposé par la commune d'Eu.

Du mobilier antique avait été découvert à l'emplacement de l'actuel stade ; par ailleurs, cette opération était susceptible d'apporter des informations relatives aux origines de la ville médiévale.

Le diagnostic s'est déroulé les 22 et 23 octobre 2012 ; il a mobilisé une équipe de 2 personnes. 5 tranchées ont été réalisées, couvrant une surface totale de 456 m2, soit 11,7 % de l'emprise du projet.

Aucun vestige archéologique n'a été mis en évidence : sur l'ensemble des tranchées, les couches observées correspondent à des remblais de nivellement et de drainage contemporains, d'une épaisseur variant de 50 cm à 1,3 m, scellant des alluvions récentes de limons remaniés avec niveaux de tourbe.

Laurent Cholet

SMAVE

 

Quartier Morris

 

Diagnostic archéologique motivé par un projet immobilier dans l’enceinte de l’ancienne caserne de cavalerie Morris, déposé par HABITAT 76.

Le terrain est situé au pied de coteau nord de la Bresle, près de l’ancien faubourg médiéval de la Basse Chaussée. Il était donc susceptible de receler une occupation du Moyen Âge. De même, un plan de la ville de 1590 montrait la présence d’une occupation dès la période moderne.

 

Le diagnostic s'est déroulé du 30 septembre au 3 octobre 2013 ; il a mobilisé une équipe de 4 personnes. 8 tranchées ont été réalisées, perpendiculaires au cours d’eau de la Busine et couvrant une surface totale de 1.070 m2 soit 9% du projet.

 

Des vestiges maçonnés ont été mis au jour à l'ouest du site, correspondant aux fondations d'un bâtiment et d'un mur de clôture. Matériaux et techniques de construction sont similaires et permettent d'envisager des structures synchrones. Le mobilier associé est moderne et couvre la période du début du XVIIe s. à la fin du XVIIIe s.

Plus à l'est, les traces d'une seconde enceinte ont également été relevées. Les données stratigraphiques tendraient à rattacher cette construction à la fin du XVIIIe s.

Les différentes structures observées peuvent être raisonnablement mises en rapport avec une ferme périurbaine dont font état plusieurs documents d'archives, entre 1763 (carte topographique des environs des villes d'Eu et du Tréport) et 1826 (cadastre).

L’ensemble des constructions décrites ci-dessus est détruit au plus tard en 1842, lors de l'édification de l’ancienne caserne de cavalerie.

 

Du mobilier gallo-romain (céramiques, monnaies, tuiles), daté du Ier au IVe s. de notre ère, a été découvert en quantité. Souvent associés à des éléments de la période moderne (céramiques, monnaies type double tournois, boucle de chaussure), ces objets ont été mis au jour dans des niveaux remaniés, et notamment en contexte de remblais. S'ils ne suffisent à attester une occupation gallo-romaine sur le site même du quartier Morris, leur abondance témoigne toutefois de la proximité d'une implantation antique.

 

Guillaume Blondel

SMAVE

Rue Foch

 

Diagnostic motivé par un projet immobilier, 14 rue du Maréchal Foch, déposé par ARKEA Promotion.

Le terrain se situe au cœur de la ville médiévale, en périphérie du château (XVIe s.) et non loin de la collégiale Notre-Dame (XIIe s.). Par ailleurs, des textes du Xe s. ‑ notamment les chroniques de Frodoard – font mention du "castrum Augam", aujourd'hui disparu, dont l'abbé Legris suggère au début du XXe s. une limite non loin de l'emprise du projet (Les Enceintes, Rues et Places de la Ville d'Eu. 1914).

 

Le diagnostic s'est déroulé du 18 au 25 février 2014 ; il a mobilisé une équipe de 5 personnes. Trois tranchées ont été réalisées, couvrant une surface de 270 m2 soit 10,5 % du projet.

 

Un fossé d'axe sensiblement E/O a été mis au jour dans deux des tranchées. Puissant, il présente un profil en V conservé sur plus de 4 m de profondeur (le fond n'a pas été atteint pour des raisons de sécurité) pour une ouverture d'environ 9 m au niveau du décapage. Le mobilier recueilli dans les niveaux supérieurs du comblement est attribuable au XVe s.

Si les dimensions de l'ouvrage suggèrent une fonction défensive, son implantation ne permet pas de le rattacher à l'enceinte du XIIe s., encore bien visible dans le paysage urbain. Faut-il alors voir une relation avec le "castrum Augam" évoqué par Frodoard au Xe s. ?

Aucun vestige ou niveau d'occupation n'a été observé dans la partie nord de la parcelle, arasée jusqu'au terrain naturel, notamment lors du percement de la rue du Tréport – actuelle rue Jean Duhornay – en 1844. L'amorce d'un escarpement bordant le fossé marque ainsi la lilmite septentrionale des niveaux anthropiques antérieurs à l'ère industrielle.

En revanche, au sud du fossé, les sondages ont livré les vestiges d'une occupation des XIIIe au XVe s. (habitat ?).

Le XVIe s. semble marquer un hiatus, si ce n'est de l'occupation, tout du moins de sa nature (jardins ?). Ces données sont corroborées par un plan de la ville de 1590 sur lequel ne figure aucun bâtiment à l’emplacement du futur projet. De la même manière, ce document semble témoigner d’une légère extension du domaine seigneurial jusqu’au bord de l’actuelle rue Foch.

La Déclaration par le menu du Comté d'Eu (1658) suggère la vente de parcelles consécutive au comblement du fossé durant la 1ère moitié du XVIIe s. Les vestiges maçonnés, observés par la suite, correspondent pour partie à différents états d’habitations des périodes moderne et contemporaine. Une cave, figurée sur le cadastre napoléonien de 1826, a ainsi été mise au jour.

La maison bourgeoise, conservée et réhabilitée dans le cadre du projet immobilier, est une réalisation de la fin du XIXe s.

 

Guillaume Blondel & Laurent Cholet

SMAVE